Superbowl or not Superbowl ?
Nul n’est sans savoir que le
Superbowl est ZE rendez-vous chez nos voisins d’outre-Atlantique. Chaque année,
début février, chaque bon américain qui se respecte invite une ribambelle
d’amis pour partager ce délicieux moment autour de packs de bières et d’un
excellent seau rempli de poulet KFC ou d’un énorme saladier de pop-corn selon
que vous veniez respectivement du sud ou du nord !
Quelques explications avant
d’entre le vif du sujet ?
Le foot US est un sport qui
réunit deux équipes de 53 joueurs sur un terrain de 120 yards (109,68 cm) sur
53,3 yards (48,8 cm). Il s’organise en quart temps (4x15 mins), le but étant
assez similaire à celui du rugby, c’est-à-dire de porter la balle dans la zone
d’en-but adverse avec différentes tactiques transmises du coach au Quarterback via son oreillette dans le
casque, la seule différence étant qu’au foot us si un joueur est plaqué au sol,
l’action est terminé et redemande une nouvelle phase d’attaque. L’équipe qui
attaque (composée d’un Quarterback,
de deux Running Backs, de deux Wide Receivers, de deux Tight ends et de cinq joueurs formant la
ligne offensive, les Offensive Linemen)
a 4 downs (phase offensive) pour
franchir la ligne « fictive » des 10 yards, la franchir leur permet
de reporter cette ligne 10 yards plus loin. Si malheureusement l’équipe
n’arrive pas à passer le cap des 10 yards avec 4 downs, c’est au tour de
l’équipe qui défendait d’attaquer, on appelle ça le Turnover on downs. L’équipe qui arrive à marquer dans la zone
d’en-but adverse marque 6 points, le touchdown.

Heureusement pour nous, européens, il
y avait W9 (France) et BBC One (GB et Belgique avec Belgacom Tv). Le programme
est simple : 1h de présentation + show des cheerleaders + 30 min de
présentation + chanson par d’illustres inconnus + hymne américain par une star (Kelly
Clarkson cette année, Christina Aguilera l’année passée) + entrée des joueuses
+ brèves présentations des « big players » + toss (pile/face) = 2h30
d’attente avant le coup d’envoi qui opposait les New York Giants aux New
England Patriots, deux équipes qui partaient toutes les deux favorites pour
cette finale du Super Bowl XLVI au bout de laquelle seulement l’une des deux
brandiraient le trophée Vince Lombardi. L’engagement donné, la pression est
déjà ressentie dès les premières phases offensives. Une mi-temps s’est écoulée
et voilà déjà que l’immense scène vient surplomber la pelouse du stade
d’Indianapolis avec l’apparition tant attendue de Madonna, un jeu de scène très
bien préparé mais qui montre que la « Madonne » a fait son temps et
qu’il arrive un moment où il faut ranger les affaires au vestiaire. Après un
spectacle haut en couleur et une « guest track » avec LMFAO, Madonna
a conquis le public. La seconde mi-temps reprend et la domination est exercée
par les Patriots qui malheureusement cèdent à la pression des New Yorkais qui
vont marquer le touchdown qui leur ouvre les portes de la gloire. 21 – 17,
voilà le score à la fin du temps réglementaire, les tribunes new-yorkaises
explosent en même temps que les feux d’artifices, 4 ans après leur victoire 17
– 14 face à ces mêmes Patriots, les Giants ont remis ça au Lucas Oil
Stadium.

Patins à glaces ? Ok !
Sport presque inconnu chez nous,
sauf pour les grands fans (pas forcément nombreux), le hockey sur glace est un
sport adulé aux States et chez nos camarades les caribous moustachus ! À
la fois violent et rapide, le hockey se résume à glisser d’un goal à l’autre en
essayent d’exploser le palet dans le goal adverse afin de faire briller la
loupiotte rouge au-dessus de celui-ci. La NHL (National Hockey League) est la ligue professionnelle de hockey
nord-américaine, qui regroupe des équipes du Canada et des Etats-Unis, dont le
niveau de jeu est considéré comme le meilleur au monde (logique ?).
Composée de 30 équipes, la ligue se divise en 2 Conference, la Eastern
Conference et la Western Conference,
chacune composée de 3 sous divisions (Atlantic,
Northeast, Southeast, Central, Northwest et Pacific). 8 équipes disputent les Play-off, celle qui prend 4 victoires de suite se qualifient
directement pour le tour suivant, les deux gagnants de chaque Conference remportent un trophée et se
rencontrent dans la « grosse finale » : la finale de la Coupe
Stanley. 24, c’est le nombre de coupe remportée par les Canadiens de Montréal
(Tabernac’ !) suivi par les Maple Leafs de Toronto qui en sont à 13
coupes, ce n’est malheureusement ni la saison des Canadiens qui sont derniers de la Eastern
Conference ni celle des Maple Leafs qui sont hors course pour le
moment! Les Rangers sont largement en tête de leur Conference alors que du côté Ouest ce sont les Canucks qui sont en
tête juste devant les Red Wings de Détroit (Champion de la saison 2007 – 2008).
Et le « vrai » foot,
alors ?
Hé non, aux USA,
« football » ne rime pas uniquement avec Superbowl, New England
Patriots ou Green Bay Packers. Depuis quelques années, le football « à
l'européenne » commence à avoir son petit succès chez les ricains, et
devient une destination de choix pour les stars en fin de carrière. L'American
Dream version vingt-et-unième siècle, en quelque sorte ...
Pourtant, la Major League Soccer –
MLS – américaine est née assez récemment, et c'est encore plus récemment
qu'elle est considérée comme un championnat plus ou moins valable. De 1968 à
1984, les Etats-Unis avaient eu leur NASL (North American League Soccer), qui a
même eu la chance d'accueillir déjà à l'époque de grandes stars sur la fin
(rien moins que le Roi Pelé et la légende Johann Cruyff, mais aussi Eusebio,
Franz Beckenbauer, ... un autre standing
que les Henry et Beckham actuels, l'air de rien). Hélas, les salaires de ces
légendes, l'absence de formation de jeunes joueurs et le côté « grand
spectacle » tiré des autres sports US ont conduit la NASL vers une
faillite prévisible.
10 ans plus tard, en 1994, les USA
accueillent pour la première – et jusqu'à ce jour unique – fois de leur
histoire la Coupe du Monde de football. Condition imposée par la FIFA : la
création d'un nouveau championnat professionnel. Les Américains s'exécuteront,
à contrecoeur, et après une Coupe du Monde médiocre remportée par un Brésil
médiocre, créent la MLS en 1996.
Un championnat qui connaît une
expansion rapide : de 10 équipes en 2001, elle est aujourd'hui passée à 19,
avec pour objectif une vingtième équipe en 2013 et la création d'une Division 2
à part entière. Le public, qui ignorait jusqu'à l'existence même du
« soccer », comme on l'appelle aux USA, il y a une vingtaine
d'années, commence à raisonnablement remplir les stades, et des équipes comme
les New York Red Bulls ou les L.A Galaxy ont acquis une certaine notoriété.
La MLS est séparée en deux parties
: la Conférence Ouest et la Conférence Est, exactement comme en NBA. Ces équipes s'affrontent dans une sorte de
« poules », suivies de demi-finales de conférences entre les quatres
premiers qui finissent par désigner un vainqueur pour la Conférence Ouest et un
vainqueur pour la Conférence Est. S'ensuit enfin une finale entre les deux
vainqueurs, qui détermine le champion des USA ... Presque aussi compliqué que
nos Play-offs à la belge, tiens.
Autre particularité du championnat
américain : le système salarial. Les clubs US ne sont en effet pas
propriétaires du contrat de leurs joueurs, et doivent laisser cela à la Ligue,
qui leur attribue une masse salariale à répartir entre les joueurs du noyau.
Seule exception : depuis 2007 et la venue de David Beckham aux Los Angeles
Galaxy, chaque club peut choisir trois joueurs « désignés »
(designated players) qui peuvent avoir un salaire beaucoup plus élevé, aux
dépens du reste du noyau.
Au final, la MLS, même si elle
rattrape son retard, reste un championnat assez faible. Le spectacle est
souvent médiocre, et seule la présence de joueurs préretraités comme Thierry
Henry, David Beckham ou Rafael Marquez amène un peu de piment au jeu. Si
l'équipe nationale américaine est d'un niveau potable, elle le doit à ses
quelques stars jouant sur le Vieux Continent (à l'exception de Landon Donovan,
faisant souvent l'essuie-glace entre l'Angleterre et les USA) et certainement
pas au niveau de sa compétition nationale, qui reste même un sérieux cran en
dessous du voisin et rival mexicain, où le football est bien plus ancré dans
les moeurs.
Toutefois, contrairement à la
défunte NASL, la MLS est organisée, suivie par le public, et les clubs prennent
conscience de l’importance de la formation de jeunes joueurs. Le tout est
beaucoup plus professionnel. Reste à voir si le soccer deviendra un jour un
concurrent valable au football américain ou au base-ball, beaucoup plus suivis
par le public, et si la Major League Soccer passera un palier ou restera à
jamais un paradis pour joueurs quasi-finis cherchant une alternative aux peu
accueillants pays du Golfe pour remplir leur compte en banque avant de
raccrocher les crampons.